Le Guide pour Exposer facilement le LOG

Aujourd’hui je vais vous montrer comment j’expose le LOG. Je vais vous parler de théorie pour vous puissiez comprendre comment ça fonctionne, comment le LOG fonctionne. Mais je vais aussi vous montrer comment ça se passe lorsque l’on met le LOG sur notre ordinateur et comment on le traite sur Premiere Pro et DaVinci Resolve.

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En pratique

La première scène que je vais vous présenter est en condition de lumière assez basse.

Le réglage le plus important que j’utilise pour exposer correctement mon LOG n’est pas basé sur le mode multi comme en photo mais en mesure spot.

Ça va vous permettre de tout simplement connaître l’exposition présente dans le cercle que l’on voit à l’écran.

Ça veut dire que l’exposition à +1 correspond à l’exposition présente dans mon cercle donc actuellement présente sur mon sujet, le pot de confiture.

Si je voulais avoir par exemple l’exposition qui est présente sur l’écran que l’on voit à droite j’ai simplement à déplacer ma zone d’exposition.

Je change la possibilité d’avoir une zone d’exposition à un endroit différent que ce que calcule automatiquement mon boîtier.

Si je pose mon cercle d’exposition sur l’écran ça m’indique que mon exposition est cette fois-ci à +2 stops, c’est à dire que je suis surexposé de +2 stops.

C’est là où il faut prendre des pincettes sur l’information que nous donne notre boitier.

Pour ma caméra je suis surexposé mais on voit bien qu’à l’image je ne suis pas surexposé. Il n’y a rien qui clip dans l’histogramme. Je n’ai pas de barre à droite, ni à gauche qui clip et ça c’est un premier indicateur d’exposition.

Dans ce 2e exemple je n’ai que de la lumière du jour qui provient de la gauche.

Sur mon écran, je vois que mon spot mettering clignote à -2. Ça veut dire que je suis plus que sous exposé. D’ailleurs mon histogramme me le confirme puisque cette fois-ci j’ai vraiment des barres qui viennent sur la gauche.

Toutes mes bases lumières sont brûlées donc j’ai de l’information perdue. On voit à l’œil nu que globalement mon image est très sombre donc il va falloir que je règle tout ça.

Le premier réglage que je fais généralement c’est de toucher au filtre ND. Je vais l’ouvrir au maximum.

Je vois que je suis toujours sous exposé à -0,7 stops. Mon histogramme est toujours craqué sur la gauche et j’ai plus vraiment d’options parce que mon objectif est déjà ouvert au maximum.

Mes ISO sont aussi au maximum donc la seule solution que j’ai ici si, je ne veux pas rajouter de lumière artificielle, est d’enlever mon filtre ND et de gagner les deux stops de lumière que mon filtre coupe systématiquement.

On voit par contre que notre spot mettering nous indique +1 stop cette fois ci.

Ça veut dire que je suis surexposé de plus un stop et pourtant, sur mon histogramme on voit que j’ai absolument rien qui vient piquer dans les hautes lumières.

Je n’ai pas de grandes barres sur la droite et je n’ai plus ces grandes barres sur la gauche non plus dans les basses lumières.

Ça veut donc dire que cette scène est bien exposée.

Ce n’est pas grave si mon mode de mesure d’exposition m’indique un +1 et que pour lui je suis surexposé.

Mon objectif n’est pas d’être surexposé automatiquement mais d’avoir une image qui soit plaisante à l’œil.

La théorie

Pour bien comprendre comment on expose le format LOG il faut d’abord s’intéresser un peu sur le concept de plage dynamique.

Si vous venez de la photographie vous connaissez déjà bien ce concept. Pour les autres sachez que la plage dynamique, c’est la portée entre la zone la plus lumineuse et la zone la plus sombre d’une scène que le capteur de votre caméra peut enregistrer sans perdre de l’information.

Elle est mesurée en indices de lumière ou en stop.

L’œil humain par exemple peut capturer jusqu’à 24 stops dans une scène quand ma caméra FX3 peut elle, en capturer que 15.

Notre caméra ne peut pas capturer toute la lumière qui est présente dans une scène et parfois il va falloir faire des choix sur la manière dont on va exposer.

Par exemple si on est en intérieur, est-ce qu’on va vouloir plutôt avoir l’intérieur exposé correctement en brûlant la lumière qui est présente extérieurement, ou est-ce qu’à l’inverse on va exposer pour l’extérieur mais ce qui va par extension sous-exposer l’intérieur.

Les informations enregistrées par le capteur sont ensuite retenues dans un container pour pouvoir être traité informatiquement.

C’est là que le profil logarithmique, donc ce qu’on appelle LOG, entre en jeu.

Plutôt que d’avoir un container vidéo classique que l’on pourrait comparer au jpeg en photo qui va limiter l’enregistrement d’information et qui va rapidement faire clipper les hautes et basses-lumières.

Le LOG permet d’avoir une plus courte latitude dans la plage dynamique en retenant les hautes et les basses-lumières.

Le résultat du LOG brut donne une image aux couleurs grisâtres qu’il faudra recontraster et qui faudra restaurer en post-production.

Si vous souhaitez savoir quand utiliser le LOG plutôt que le profil standard je vous invite à lire l’article sur ce sujet.

Évidemment pour commencer à filmer en LOG il faut activer l’option. Par défaut sur les caméras on retrouve le profil standard.

Sur ma Sony j’utilise le S-Log 3 qui donne la plage dynamique maximale que l’on peut avoir avec cette caméra en 10 bit couleur.

Avant de vous lancer tête baissée dans un tournage vous devez connaître quelles sont les ISO natifs de votre caméra. C’est à dire quel est le réglage des ISO qui va vous procurer la meilleure qualité d’image possible en optimisant la plage dynamique de votre caméra.

C’est là qu’on se plante souvent lorsque l’on souhaite utiliser le LOG pour la première fois. On veut changer les ISO comme si on était en photo.

Mais lorsque l’on filme en LOG et que vous sortez de ces ISO  natifs, vous réduisez la plage dynamique ce qui va engendrer une dégradation de la qualité de l’image et donc l’apparition de grain en basses-lumières.

Sur ma FX3 j’ai 2 ISO natifs de base: 800 et 12800.

Ça veut dire que la plage dynamique de ma caméra et la qualité de mon image est optimale si je filme à 800 iISO ou 12800.

Si j’utilise mes ISO à 12800 en basses-lumières j’aurai quand même une qualité d’image exceptionnelle avec un minimum de grain malgré les ISO élevés.

Donc avant de changer le réglage de vos ISO préférez l’utilisation de l’ouverture, de la vitesse, ou de l’ajout de lumière.

Outil #1 Gamma Display Assist

Le gamma display assist est l’outil que j’utilise tout le temps et qui va me permettre d’avoir une projection du résultat final de mon image comme si elle avait été déjà retraitée informatiquement.

C’est juste une projection, ce n’est pas un pré traitement de l’image mais ça aide énormément pour voir à quoi ressemble notre image plutôt que d’avoir une image grise ou l’on n’a pas de contraste et de voir si vos hautes-lumières sont cramées ou si vos basses-lumières sont cramées.

Outil #2 L'histogramme

Comme en photographie, l’histogramme va nous permettre de savoir si on clip en haute ou basse-lumière.

Si vous voyez apparaître de grandes barres sur la droite de votre histogramme c’est que vous êtes surexposés et que vous clippez dans les hautes-lumière.

Si ces barres sont à gauche de l’histogramme, c’est que vous êtes sous-exposés et que vous clippez dans les basses-lumière.

Simple rappel, si votre image clip ça veut dire que l’information qui clip et qui est contenue dans votre image est perdue.

Vous ne pourrez pas modifier l’image pour avoir une bonne exposition et l’image sera inexploitable.

Rappelez-vous on n’est pas en haut on est ici en LOG c’est deux choses différentes.

Outil #3 Mode de Mesure

Ne lui faites confiance que si vous utilisez le spot metering comme mesure d’exposition et que vous ciblez précisément la zone que vous souhaitez exposer.

Si vous restez en mode multi ce qui est parfaitement ok, votre caméra va vous donner une moyenne de l’exposition globale de votre scène ce qui est totalement différent. Ça ne va pas vous donner l’exposition de votre sujet que vous êtes en train de cibler précisement.

Outil #4 Les Zebras

Il y a plusieurs possibilités pour utiliser les zébras.

Soit vous les régler pour qu’ils apparaissent dès que vous clippez dans les hautes-lumière. Ça vous permet de protéger vraiment vos hautes-lumière en ayant des bandes qui vont apparaître de partout sur votre image des que vous clippez.

Soit vous les utilisez pour exposer correctement la peau.

J’utilise personnellement les zébras pour exposer correctement la peau de mes sujets et je les paramètre sur 56 + 3 stops.

Donc dès qu’on arrive à l’indice IRE de la peau qui est de 56 en moyenne, ils vont apparaître sur mon sujet ce qui me confirme que je suis bien exposé.

Le +3 c’est pour donner une certaine latitude aux zébras.

ETTR - Exposer à Droite

Exposed To The Right (Exposer sur la droite) est un concept ou il y a une grande confusion basée sur de l’information obsolète.

Ça dépend vraiment aujourd’hui de la caméra que vous utilisez.

Avec les anciens capteurs on devait surexposer notre image pour compenser la quantité considérable de grains qui apparaissaient dans les basses-lumière.

Les capteurs ayant considérablement évolué au fil des années, exposer normalement nous permet aujourd’hui d’avoir une image propre surtout si on utilise des caméras Sony.

La surexposition ne doit pas être constamment appliquée et encore moins si vous filmez en extérieur avec suffisamment de lumière.

À vous de faire des tests avec votre caméra et évidemment connaître les limites.

Pour ceux qui utilisent les derniers capteurs Sony exposer normalement suffit parfaitement

L'étalonnage

On a filmé tous nos plans en LOG, maintenant on va passer au montage il va falloir modifier ces fichiers. Il va falloir leur redonner leur contraste et leur saturation pour avoir une image qui soit plaisante à l’œil.

Dans DaVinci on a des outils qui nous permettent de faire cette manipulation en quelques clics.

On a ce qu’on appelle un node. C’est le petit carré que l’on voit au premier coup d’oeil.

Je vais appliquer un effet qui est déjà intégré dans DaVinci qui s’appelle Color Space Transform. Je vais prendre l’effet Color Space Transform et je vais l’appliquer au node et dans ce node donc il y a des propriétés qui apparaissent à droite.

Ici il va falloir que vous choisissiez le bon réglage en fonction de votre caméra. Je vais lui dire ensuite que je veux avoir une image qui est en rec 709 en gamma 2.4 parce que mon écran est calibré en 2.4 et c’est tout.

Mon image est traitée.

Elle est prête à être étalonnée. 

Sur Premiere Pro c’est un peu plus funky parce qu’il va falloir qu’on récupère un LUT de conversion, que j’applique le LUT sur mon plan, mon rush et puis ensuite que je crée un adjustment layer au dessus pour pouvoir commencer à faire mon étalonnage.

Il faut faire quelques recherches sur internet pour trouver le bon LUT de conversion. Si vous êtes chez Canon, il va falloir que vous alliez sur le site de Canon pour les télécharger ça par exemple.

Sachez qu’il y a des sites comme gamut.io qui proposent des LUT de conversion vraiment sympas mais payant. 

L’avantage de DaVinci est de tout avoir à porté et gratuitement. Tout est intégré dedans et c’est ça qui est magnifique.

Je vous dit à la prochaine!

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