Comment réaliser un portrait documentaire Inspirant ?

Je vais vous montrer comment j’ai réaliser le portrait documentaire sur le dessinateur BD Romain Blais. Toutes les étapes que j’ai utilisées pour construire le projet de vidéo documentaire. Quel matériel j’ai utilisé et pour finir je vais vous montrer à quoi ressemble le projet sur DaVinci Resolve.

Pour celles et ceux qui n’ont pas vu le portrait documentaire, il est disponible à la fin de cet article.

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Comment structurer votre documentaire ?

La première étape a été de faire une phase d’entretien avec Romain.

Dans cette phase de pré interview, j’utilise un logiciel qui s’appelle Milanote et qui me permet d’organiser tout le projet.

Je mets généralement tout ce qui m’inspire comme par exemple toutes les vidéos de documentaires ou de films que je trouve sur internet.

Pour entrer un petit peu dans le détail, Romain m’a envoyé les planches qu’il était en train de réaliser à l’époque dont des planches de la BD qu’il était en train de terminer Crook.

L’idée ici, est de m’inspirer de l’ambiance de sa BD, de ce qui l’anime. J’apprend qu’il avait réalisé aussi une affiche de Montréal.

Je voulais mettre en avant cette affiche aussi dans le projet à travers Montréal, et toutes les ambiances qui se dégagent de cette ville.

Une fois que je me suis bien imprégné de l’univers du sujet pour lequel je travaille grâce a cette phase de production vidéo, j’aime bien commencer à prendre des tendances.

Ou trouver l'inspiration ?

Je commence à prendre des inspirations visuelles que je trouve sur internet et je créais un moodboard.

Toutes ces inspirations visuelles, je les récupère via deux outils.

Le premier, c’est Shot Deck et le deuxième, c’est Frame Set.

Shot Deck est là pour vous donner des inspirations essentiellement cinématographiques. Par exemple, si je tape Wes Anderson, Shot Deck va nous donner des images, des films qu’il a réalisé.  À chaque fois qu’on clique sur une image, on a un certain nombre d’informations. Ce que je prends essentiellement, c’est la manière dont ça a été filmé, quel cadre ils ont utilisé, comment la composition visuelle s’articule, les couleurs, etc.

Le deuxième, c’est Frame Set. Il est plus inspiré de projets indépendants. De projets publicitaires. De projets moins issus du cinéma. J’aime beaucoup cette plateforme parce qu’on retrouve vraiment des visuels super sympas et que l’on a pas l’habitude de voir.

Script et création des scènes

On est parti sur l’idée de scripter entièrement le film et c’est là où tout a un peu basculé.

J’ai commencé à intégrer une troisième personne. Il y avait Romain, Pierre qui a écrit le script et moi. L’idée était de faire parler son personnage, Crook, et de présenter Romain via et à travers son personnage.

Une fois qu’on a le script, et c’est là où toute la magie prend forme, je prends chaque partie du script et je vais à nouveau faire des recherches via Shot Deck, Frame Set ou parfois même via YouTube.

Je construis l’histoire sur papier. Donc je couche quasiment tous les plans que je vais filmer.

On retrouve les parties dans la chambre avec tous ces dessins qui sont justement accrochés au mur.

On retrouve les parties dessinées, bref on retrouve énormément de parties et ce processus, il est pour moi hyper important. Il fait gagner un temps extrêmement précieux lors du tournage parce qu’on sait exactement ce qu’on doit filmer, quand, comment. Et puis ça permet de moins stresser  lors du tournage parce que tout est quasiment cadré dans la tête.

On n’a plus qu’à filmer et prévoir l’heure, la date et les lieux du tournage.

Comment faire un montage documentaire ?

J’ai monté le projet entièrement sur DaVinci Resolve.

On est sur quasiment deux heures de rush à la base.

J’ai d’un côté tous les plans de base et de cut où j’ai toutes mes parties présélectionnées.

Une fois qu’on a tous nos rushs, c’est la voix qui va venir articuler le tout.

Romain étant un gros fan de Asteroid City et de Wes Anderson en général, on voulait donner un peu cette patte dessus et j’ai trouvé Nicolas (oui un autre), qui avait dirigé toutes les voix FR pour le film.  Sa voix correspond parfaitement au projet et c’est à partir de sa voix et de l’espace qu’il y avait dans sa voix que j’ai construis le projet.

Il y avait une partie réalisé en intérieur, une partie réalisée en librairie, et une partie dans la ville de Montréal.

L’idée était de capturer plein d’endroits différents.

Parfois nous étions inspiré et l’on allait dans des endroits absolument pas prévus.

Par exemple, pour ceux qui connaissent un petit peu Montréal, on n’avait absolument pas prévu d’aller filmer au Square Saint-Louis. Mais la lumière était tellement belle que l’on n’a pas hésité une seconde.

Ou trouver LA musique

À chaque fois que l’on était dans une ambiance, je changeais de musique.

La musique joue vraiment un rôle important dans ma vie et puis dans tous les projets que je réalise. J’ai été musicien pendant longtemps et je veux qu’on ressente cette l’ambiance que les images projettes. Je veux que l’on se mette dans la peau des personnages et des sujets que je filme et c’est ce qui permet peut-être d’avoir des parties un peu plus fun, puis des parties un peu plus sérieuses.

La musique que je récupère elle est sur Artlist.

Je trouve qu’ils font un travail vraiment formidable. On a vraiment des musiques de qualité, notamment pour le jazz. Les musiques de jazz que j’ai sélectionnées pour le projet donne l’impression d’être dans un café ou un bar à New York. C’est vraiment bon.

Ça fait un an à peu près que je suis dessus et honnêtement je ne suis pas déçu. Je trouve toujours quelque chose qui va me permettre de mettre en valeur l’image et je suis vraiment content.

MusicBed est aussi excellent, mais beaucoup trop cher malheureusement pour ce que je fais.

Sound Design et Motion Design

Il y a eu un peu de Sound Design sur le projet mais pas tant.

On en trouve par exemple sur des oiseaux, sur le début, sur le son de la brosse à dents ou lorsqu’il dessine.

Bref, j’ai ajouté pas mal de petites broutilles mais ça reste quand même assez discret.

Sur la fin, j’ai fait pas mal de Motion Design sur After Effects pour intégrer la bulle que l’on voit de Romain en train de s’imaginer des histoires.

L’intégration de son personnage dans la vidéo où on voit Crook qui apparaît en tracking sur le banc a également été faite sur After Affects.

Quel matériel j'ai utilisé

J’ai utilisé juste une caméra qui est ma Sony FX3.

Ancien de chez Canon, je suis passé chez Sony avec ça et autant vous le dire tout de suite, n’hésitez pas.

Si vous faites de la vidéo la qualité des images que procure ce boitier couplé à une lentille 24-70 GM II est absolument incroyable.

Par dessus j’utilise tout le temps un filtre Mist ND de chez Polar Pro et puis c’est tout.

Côté son, j’ai un micro Sennheiser MK600 que je mets sur la poignée de la FX3.

L'objectif du projet

Le but global du projet était de prendre du plaisir et de montrer le talent de Romain à l’image. 

Il est sans doute l’un des futurs dessinateurs stars. Ça faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir à regarder une BD et à m’attarder sur chaque vignette.

J’espère que ce behind the scene vous aura donné des idées pour vos projets, et vous aura aidé à y voir plus clair sur la manière dont tout à été orchestré.

Voir le portrait documentaire sur le dessinateur BD Romain Blais